Le site Mame

Tours développe aujourd'hui de grands projets qui vont renforcer son attractivité. Objectifs : accueillir de nouveaux habitants et des entreprises, garantir la qualité de vie, permettre des déplacements moins polluants et des circulations apaisées.

C'est un « quartier de la création » qui émerge en bord de Loire et l'installation de l'école des Beaux-Arts dans les anciens murs de l'imprimerie Mame a constitué un premier pas. D'autres structures publiques ou privées œuvrant dans les arts graphiques et numériques ajouteront à l'aspect formateur du site une dimension entrepreneuriale.

Phot de MameVoir l'image en grand Guillaume Le Baube

Classée à l'inventaire supplémentaire des bâtiments historiques, l'usine Mame est peu à peu réaménagée et repensé. Il a été partiellement « relooké » par le jeune architecte parisien Franklin Azzi. Connu des Lillois et des Nantais, son nom est attaché à la transformation de la gare désaffectée Saint-Sauveur de Lille en lieu culturel et les halles Alstom à Nantes en école des Beaux-Arts.

Cet expert en réhabilitations industrielles sera associé à Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques, grand spécialiste du patrimoine du XXe siècle, pour un résultat innovant et en tous points respectueux de la mémoire du lieu.

Une page est tournée
Il y a 60 ans, Alfred Mame, héritier et imprimeur historique de Tours, inaugurait sa nouvelle usine au Champ de Mars, après que le site centenaire rue Nericault-Destouches a été ravagé par les bombardements de la Seconde guerre mondiale.

Des pointures de l'architecture et des arts furent mobilisés. Pour l'exécution de son projet Alfred Mame était accompagné par deux architectes, Jean Drieu la Rochelle et Bernard Zehrfuss. Ce dernier va collaborer dans les années 1950 à des programmes prestigieux : le C.N.I.T. (Centre des nouvelles industries et technologies) à La Défense, le Palais de l'Unesco à Paris. Accompagné de Jean Prouvé il signe également l'usine Renault à Flins.

A Tours pour l'usine Mame, Jean Prouvé, ingénieur, a conçu les quatre pavillons surmontant la tour administrative ainsi qu'un ingénieux et novateur système de couverture des ateliers. » L'intervention du peintre Edgard Pillet, peinture et mobilier, rejoint la philosophie prônée par Le Corbusier, qui est de synthétiser les arts.

Autour de l'architecture et de l'urbanisme, différentes formes artistiques sont réunis : peinture, sculpture, etc. « Il fallait trouver une harmonie de couleurs physiologiquement bénéfique, expliquera Edgard Pillet. Sauvegarder les intentions de l'architecte et créer un climat esthétique auquel l'ouvrier sera sensible ».

L'ouvrier n'est plus là, qui tradition maison, imprimait des beaux livres, mais « l'intention » est toujours artistique. Tout converge pour qu'une fois tournée la page Mame, la Ville de Tours et son agglo écrivent l'histoire d'une autre « Cité de la Création » qui ne perd pas de vue sa dimension écologique et économique, avec l'affirmation de son pôle numérique Tours Tech.

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