Tours, la cité aux 1 300 potagers

Le 07/03/2017
- Parcs et jardins

Depuis le XIXe siècle, notre ville a su aménager et développer des jardins familiaux. Imaginés d’abord comme lieu de subsistance, on y cultive aujourd’hui le lien social et la convivialité. On en compte 1 297.

Jardins Familiaux Chanel Koehl Jardins Familiaux - Chanel Koehl


Alors que les instances officielles de la Santé Publique recommandent de « Manger mieux et de bouger plus », quel autre lieu que les jardins familiaux a l’avantage de proposer les deux ? Il y a deux siècles déjà, ces parcelles de terre étaient initialement destinées à améliorer les conditions de vie des ouvriers en leur procurant un équilibre social et une autosubsistance alimentaire. C’est au XVIIe siècle que naissent « les clos du pauvre » sous l’égide de Saint-Vincent-de-Paul. S’inspirant des Allemands, les premiers jardins ouvriers voient le jour à Saint-Etienne et à Sedan au XIXe siècle mais c’est l’abbé Lemire, député-maire d’Hazebourck (Nord), qui les développera en créant la « Ligue française du coin de terre et du foyer » en 1896 devenue depuis fédération nationale des jardins familiaux.

C’est dans le compte-rendu du congrès international des jardins ouvriers (consultable aux archives municipales) que l’on apprend qu’en 1903 Tours est l’une des 7 sections locales de la « Ligue française du coin de terre et du foyer » avec Orléans, Dunkerque, Amiens, Châteauroux, Versailles et Roubaix. La cité tourangelle compte alors 202 jardins répartis sur près de 7 ha. Le comité local tourangeau a vu le jour en 1898, c’était l’un des premiers en France. Pour l’attribution des jardins, priorité est donnée aux familles nombreuses qui disposent de peu de moyens de subsistance. Les parents de 8, 10 voire 12 enfants sont souvent mentionnés dans les rapports. La solidarité est le maître mot et les adhérents s’unissent souvent pour l’achat de semences et de plants, des sociétés instaurent des mutuelles pour soutenir les familles dont l’un des parents décède, les jardiniers confirmés conseillent les débutants…

Ces potagers prirent leur essor à Tours en 1961 avec la création du site de la Bergeonnerie (511 jardins) qui est venue compenser la disparition de parcelles, notamment lors de la construction du quartier des Rives du Cher. Treize ans plus tard, en 1974, 212 virent le jour sur le site Grand’Maison à La Riche, à Tours Nord (Alphonse Lecomte en 1987, les Manchèses en 1991) et près du Cher sur le site Pont-aux-Oies en deux temps (2000 et 2004). En 2006, de 10 potagers ont été aménagés à Tours Nord dans le secteur Sapaillé. L’esprit né au début du XIXe siècle y est toujours vivace et est jalousement entretenu par les sociétés amicales de l’agglomération. Depuis les années 2000, les initiatives de potagers partagés et de petites parcelles participatives se développent dans les quartiers.
Pour louer un jardin familialVous souhaitez faire une demande ? Sachez tout d’abord que la liste d’attente est longue car il y a plus demandes que de jardins disponibles. De plus, en prenant un jardin vous vous engagez à un certain nombre d’obligations, notamment en matière de régularité concernant l’entretien de votre parcelle. Lors de votre inscription, il vous sera également demandé si vous avez déjà cultivé un jardin et si vous avez fait l’objet d’une radiation par une autre société.

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