La Ville achète une lettre manuscrite de Balzac

Le 20/02/2018
- Culture

Lundi 19 février, au Grand Théâtre de Tours, la Ville de Tours a présenté sa dernière acquisition (3 000 €) réalisée avec l’aide des Amis de la Bibliothèque et du Musée et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles : une lettre manuscrite d’Honoré de Balzac (1799-1850), datée de décembre 1831 et adressée à son éditeur, Charles Gosselin, qui a publié La Peau de Chagrin cette même année. La vente aux enchères s’est déroulée jeudi 7 décembre à Paris.

Voir l'image en grand © Ville de Tours/Kamel Ayeb




Cette missive fait partie de la trentaine de lettres écrites par Balzac alors qu’il séjournait au Château de Saché, de 1825 à 1848. Dans ce courrier, l’écrivain évoque notamment Les Cent Contes Drolatiques, qui ont pour cadre la Touraine et qui sont publiés de 1832 à 1837. Il y parle également de la famille d’imprimeurs Mame, qui croiseront la route de Balzac.

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La lettre est précieusement conservée au sein du Trésor de la bibliothèque centrale aux côtés d’un jeu d'épreuves de Béatrix (1839), annotées de la main de Balzac. Plusieurs éditeurs ont regroupé, depuis les années 60, la correspondance d’Honoré de Balzac qui compte près de 2 000 lettres répertoriées.

Voir l'image en grand © Bibliothèque municipale Un jeu d'épreuves de Béatrix, annotées par Balzac, est déjà conservé à la bibliothèque centrale.

Ce lundi 19 février, a été également présenté le dessin de Georges Clairin, acquis en novembre dernier, grâce aux Amis de la Bibliothèque et du Musée et conservé au Musée des Beaux-Arts.

Voir l'image en grand © Ville de Tours/Kamel Ayeb Christine Beuzelin, adjointe au Maire chargée de la Culture et Catherine Legaré, présidente des Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours ont présenté les deux acquisitions.



Voir l'image en grand © Ville de Tours/Kamel Ayeb L'esquisse de Clairin.Voici la transcription de la lettre d'Honoré de Balzac, qui évoque l'imprimeur Louis Mame, l'oncle de Charles Gosselin.

« Mon cher Gosselin, je vous remercie bien cordialement de la complaisance avec laquelle, vous m’avez tiré d’embarras, car sans vous, j’eusse été bien malheureux. Aussi, à la réception de la lettre de ma mère, ce matin, j’ai repris courage pour les Contes drolatiques, et je ne vais pas les quitter qu’ils ne soient finis – sans prendre d’engagement pour un ouvrage aussi difficile et qui exige une fleur d’imagination assez rare, à en juger par les caprices de la mienne, et les prodigieux efforts d’érudition que ces diables de contes coûtent, j’ose croire que vous aurez reçu le reste du manuscrit pour le 15 de ce mois. J’espère que d’aussi grands travaux seront récompensés et que vous vendrez longtems de ce livre.

A mes heures de distractions j’achève pour votre oncle les Scènes de la vie privée et vous satisfaire tous deux à mon retour qui sera pour le 25 prochain si mon appartement ne peut être prêt que pour ce terme. Allez voir Chasle et pressez-le. Je lui ai écrit. M. Fonfrède a fait à Bordeaux un bel article sur le livre. Cet article est dans le Mémorial du 31 8bre. Vous voyez que mes exemplaires ont été bien placés. Envoyez-en un de ma part à M. Anselme Pétetin à Lyon, rédacteur du Précurseur nous y aurons un article. Mais Jal !... Jal qui s’est chargé du Figaro.

Il sera tems à mon retour de penser à la 3me édition, car je pourrais bien y ajouter un 4e volume. Nous verrons.

J’ai commandé vos pots et les prendrai à mon passage.

Mettez mes hommages à Madame Gosselin et agréez mes affectueux compliments et mes remerciements sincères.

N’oubliez pas, au reçu de la présente de m’envoyer un exemplaire des Romans et contes par la poste, j’ai ici une obligation d’amitié à remplir.

Adieu

Balzac

Vous recevrez ou directement ou par ma mère, dans la semaine prochaine

1o deux chapitres qui compléteront le Péché véniel

2o la Connestable

3o quelques feuillets qui completteront [sic] les Bons propos des religieuses de Poissy. »